Abbey Lincoln me fait craquer. Fille spirituelle de Billie Holiday, le désespoir en moins et la santé en plus, elle nous apporte à 77 ans la preuve éblouissante que vieillir peut être une des plus belles choses de la vie. Ecoutez-la bien et regardez-la, je crois qu'il ne serait pas si difficile de tomber amoureux d'une personne qui, n'ayant plus rien à prouver, nous offre une présence si authentique et généreuse, si profonde et légère à la fois.

 
Aux premières lignes de "Petite tribu de femme", Jean Pierre Otte écrivait : "Au départ, nul n'a une âme, mais chacun a en soi les possibilités de s'en fabriquer une en développant ses talents". Je partage cette façon de voir les choses, et je crois qu'Abbey Lincoln a du passer chaque instant de sa vie à façonner la sienne par son travail et ses pensées. Aujourd'hui, elle nous livre cette âme à travers sa voix chaleureuse et sensible, avec cette forme de juste rugosité de ceux qui n'ont jamais sacrifié le fond à la forme, le sens à l'apparence, et nous aide à comprendre avec le splendide "Throw it away", écrit en 95, que notre seule sécurité, c'est de livrer notre âme aux autres :  

 

And keep your hand wide open
Let the sun shine through
'Cause you can never lose a thing
If it belongs to you

 
 
Keep your hand wide open
If you're needing love today
'Cause you can't loose it even if you
You throw it all away

Merci Abbey,
on va essayer de s'en souvenir. 


Abbey sings Abbey - Verve - mai 2007


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