Ce matin au bureau, à propos de réforme de l'enseignement. Débat que je ne vous raconterai pas pour ne pas m'énerver inutilement, et auquel je substitue un témoignage personnel qui résume mon point de vue. J'ai quitté l'école avant le Bac pour diverses raisons, mais entre autres parce que je ne supportais plus un système éducatif qui me refusait toute initiative, toute possibilité de découvrir par moi-même les méthodes de travail qui me convenaient sur les sujets qui m'intéressaient, et qui était tourné entièrement tourné vers la "transmission du savoir" alors que j'avais envie de libre exploration. Exploration du monde, de la culture et de la science, mais aussi exploration des autres et de moi-même dans la confrontation des personnalités et des idées. L'école m'a tout refusé : la liberté d'explorer comme l'opportunité d'affirmer ma personnalité. C'est à plus de 30 ans que j'ai découvert par la formation continue que formation n'était pas synonyme de formatage, et que la théorie est passionante quand elle vient éclairer une expérimentation concrète. Il m'arrive d'être impressionné par les connaissances et la capacité d'analyse des diplômés de grandes écoles, mais plus souvent je suis horrifié par leur incapacité à aborder un problème nouveau sans essayer de le faire entrer "au chausse-pied" dans les grilles de concepts à travers ils regardent la réalité, lesquelles les ammènent régulièrement aux réponses toutes faites qui passent plus ou moins à côté du problème. A mon avis, l'enseignement à besoin avant tout d'un allègement des programmes permettant d'intégrer de nouvelles approches pédogagiques laissant une part plus grande à l'individu, et autorisant chacun à trouver sa place et développer ses compétences personnelles. J'ai lu avec intérêt et espoir les propositions de Claude Allegre, le travail du rapport Thelot, et les orientations de fond de la loi Fillon. Chaque fois il m'a semblé qu'une ouverture était possible, vite refermée par le choeur unanime des défenseurs du savoir : enseignants, parents d'élèves et lycéens tous mis d'accord par les protestions indignées des syndicats de l'enseignement (et relayées par une bonne partie de la gauche). Dommage pour ces milliers de jeunes dont l'intelligence trop créative ou trop concrète est un véritable handicap dans notre système éducatif. 


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