Bien sûr, ça n'a jamais très bien marché. On ne peut contrôler ni le cœur ni l'instinct sexuel. Mais ça n'empêcha pas les patriarches et les prêtres de consacrer beaucoup d'énergie à convaincre tout le monde que le sexe était le diable, et de châtier furieusement leurs femmes et leurs filles pour les guérir de leurs instincts animaux. Ils inventèrent Eve et la pomme, et la Divinité Mère devint le premier démon : Lilith. La prédominance biologique de la femme fut niée, et elle fut considérée comme le terreau dans lequel le mâle, véritable auteur de la vie, pouvait déposer sa précieuse semence. La femme adultère fut lapidée et les dernières prêtresses du culte matriarcal furent brûlées vives, accusées de sorcellerie et d'obscénité. La femme fut privée de propriété personnelle et il lui fut interdit d'exercer la médecine. Parmi de nombreux peuples antiques comme les Grecs, les romains et les Chinois, le meurtre des bébés femelles fut pratiqué à grande échelle : moins de femmes, moins de problèmes. Même en nombre réduit, les femmes continuèrent d'inspirer la peur et leur oppression fut amplifiée. L'ablation du clitoris visant à supprimer le plaisir de la femme devint une pratique courante. Partout dans le monde le corps de la femme fut dénigré, mutilé ou enfermé dans des habits de torture comme jamais celui de l'homme ne l'a été.

Toute cette brutalité stupide engendra un  nombre infini de problèmes sexuels. Il est bien évident que faire l'amour dans ce contexte de violence et de soumission n'était pas forcément serein. Le désir était réprimé, le respect, la tendresse et la compréhension quasi inexistants entre les hommes et les femmes. Avec comme conséquence directe l'apparition de toutes sortes de perversions et de comportements extrêmes, et le développement rapide de la prostitution, la pédophilie et la pornographie. Quelques milliers d'années se sont écoulés ainsi, entretenant un climat humiliant de frustration et de violence.

 
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