Il serait bien surprenant qu'après tout ce temps de misère sexuelle il n'y ait aucun problème au lit. Nous sommes imprégnés d'idées préconçues et de crainte, et nous n'avons pas été éduqués pour le plaisir, le contact physique et le jeu érotique. Nos murs, nos journaux et nos écrans sont couverts d'images érotiques mais le sexe ne nous donne pas autant de satisfaction qu'il pourrait. Le sexe, c'est toujours le péché. On n'en parle pas à l'école, on ne mentionne pas certaines parties du corps et on ne touche les autres qu'avec prudence. La sexualité est réprimée par notre culture de façon simple mais efficace. Les femmes sont élevées pour être réservées et se méfier du sexe. Une fois au lit, elles n'ont pas la liberté de s'exprimer pleinement et prendre du plaisir facilement. De ce fait, il leur est difficile de donner du plaisir à l'homme qu'elles aiment. Les hommes ont appris à mépriser les femmes sexuellement extraverties et se privent ainsi de ce qu'il y a de meilleur : le plaisir de l'intimité la plus totale et de l'émotion d'une femme qui aime librement. La relation entre l'homme et la femme est profondément marquée par la peur et la méfiance. Les petites filles deviennent en quelques mois des jeunes femmes que les hommes déshabillent du regard dans la rue et les petits garçons jettent leurs seaux et leurs pelles pour se poser la question angoissante : "Suis-je vraiment un homme, capable de satisfaire une demi-douzaine de femmes en chaleur ?"  Les filles sont encombrées par les regards et les avances insistantes des garçons, et les garçons nourris des discours de super-machos entendus dans les bars sont rapidement convaincus d'être de véritables rebuts sexuels. Alors s'installe très vite le cercle vicieux dans lequel l'insécurité, la crainte et la méfiance grandissent et se consolident. Plus les garçons ont peur et plus ils agressent les filles. Plus les filles sont agressées et plus elles ont du mal à connecter le sexe au plaisir.

 
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