C'est l'expression utilisée par Alain Bocquet, porte-parole des députés PCF, pour qualifier la décision du gouvernement de supprimer 10 000 postes à l'éducation nationale en 2008. De leur côté, les syndicats ne sont pas en reste. Gérard Aschieri, FSU, a dénoncé cette "logique comptable qui compromet l'objectif d'assurer la réussite de tous" tandis que M. Moindrot du SNU-ipp déclarait : "Une telle mesure hypothèquerait toute possibilité d'amélioration de l'école". Et c'est vrai que l'école française a besoin de s'améliorer. La conclusion du dernier rapport de l’OCDE sur l'éducation est la suivante : "La France voit son retard s’aggraver à plusieurs niveaux par rapport aux autres pays riches". C'est la Finlande qui remporte depuis plusieurs années la palme d’or du meilleur système éducatif au monde : meilleures performances en lecture et en maths, et meilleur taux de bien-être des élèves.

Faut-il pour autant suivre le discours des syndicats pour lesquels la seule réponse à ce besoin de progrès est l'augmentation des "moyens", vocable sous lequel ils désignent en général les effectifs en personnels de l'éducation nationale ? Il y a en France 1 300 000 agents de l'état affectés à l'éducation nationale. C'est trop ou pas assez ? Pas facile à dire... pourtant, quelques approfondissements et comparaisons incitent à penser que ce n'est pas forcément là que se situe le problème. D'abord, sur ces 1 300 000 postes, plus de 400 000 ne sont pas des postes enseignants. Diable... plus de 400 000 ! Mais que font-ils ? Allez, ne cédons pas à la tentation de l'ironie facile, les établissements ont évidemment besoin de personnel administratif et technique. Pourtant, une petite exploration sur le site de l'académie de Nantes, au hasard, laisse quand même songeur. L'annuaire des services du rectorat fait état d'un effectif de 1082 personnes, dont par exemple 65 personnes à la division des examens et concours, 93 inspecteurs, 82 personnes à la gestion des enseignants  dont 9 chefs de bureaux,  6 personnes aux relations internationales, 7 aux technologies de l'information et de la communication, etc... Sachant qu'il y a 26 rectorats en France et que le ministère de l'éducation finlandais compte en tout et pour tout 300 personnes, on peut supposer qu'il y ait là quelques possibilités d'optimisation. Par ailleurs, je me garderai de toute généralisation sur le temps de travail des enseignants ou sur l'efficacité des méthodes qu'ils appliquent, mais voici 2 chiffres qui mériteraient eux aussi des approfondissements : 1) Le nombre d’heures passées sur les bancs de l’école par les élèves entre 7 et 15 ans est chez nous 35 % supérieur au temps passé par les élèves finlandais. 2) Il y a 15 millions d'élèves en France, soit en moyenne 16 élèves par enseignant.  Si on entre un peu dans le détail, l'Insee nous informe que ce ratio s'établi à 19 élèves par enseignant dans le 1er degré et 12 par enseignant dans le second degré. Les ratios de la Finlande sont respectivement de 16 et 13. Les pays qui présentent les ratios les plus favorables sont... la Belgique et le Portugal, qui n'obtiennent pas de meilleurs résultats pour autant selon l'enquête OCDE. Comprenne qui pourra !

 
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