Les parlementaires du Conseil de l’Europe ont refusé lundi dernier à Strasbourg, par 63 voix sur 119, d’examiner un rapport dénonçant les dangers du créationnisme, doctrine de négation de l’évolution des espèces et qui affirme que les êtres humains ont été créés par Dieu dans leur forme actuelle. Le projet de résolution dont le parlement européen a refusé l'examen avait pour objectif d'empêcher que cette théorie intègre les programmes scolaires.  C'est en effet l'objectif des promoteurs de cette thèse qui sont déjà parvenus à leurs fins dans un certain nombre d'états américains, avec le soutien de Georges Bush. En Pennsylvanie, les enseignants doivent lire un paragraphe critiquant la théorie de l’évolution puis introduisant le concept de « l’Intelligent Design ». Cette théorie, à laquelle adhèrent 40 % des américains, soutient que la complexité de beaucoup d’êtres organiques est la preuve qu’une entité supérieure, génial architecte de la nature, en est l’origine.

En France, l’association de l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP), défend une position ambiguë laissant entendre que l’hypothèse d’un créateur n’est pas à exclure du champ de la science et la plupart des universités, lycées et collèges ont reçu en février dernier un livre luxueux, intitulé L'Atlas de la Création, qui réfute sur 770 pages très richement illustrées le darwinisme et la théorie de l'évolution. On ignore qui a financé l'édition et la distribution massive et gratuite de ce livre hors de prix et comment la maison d'édition s'est procuré les noms des destinataires de l'ouvrage, mentionnés en toutes lettres sur les colis.

Pourquoi une telle dépense pour défendre cette théorie ? Mais peut être simplement parce qu'une fois bien admis que nous sommes tous des créatures de Dieu, il ne restera plus qu'à se soumettre à sa loi et sa morale. Gageons que ce jour venu il ne sera sûrement pas difficile d'en trouver les porte-paroles. On constate une fois de plus que la défense de la liberté est un combat de tous les jours !

 
Retour à l'accueil