Des sociologues disent qu'il y a actuellement une souffrance sociale des hommes qui ne savent pas s'adapter à l'évolution de leur rôle et de celui de la femme. D'un côté le discours social, très consensuel sur la parité et la nécessaire réduction des inégalités, est conforté par une montée en puissance rapide des femmes dans les écoles et les universités, dans les entreprises et les institutions. De l'autre les symboles classiques de virilité sont encore bien présents dans le zoo social auquel j'appartiens : un vrai mec a des responsabilités et du pouvoir professionnel, gagne du fric, roule dans une voiture puissante, pratique des sports à risque et aime la compétition. Il a aussi, ça va de soi, une compagne bien roulée. Le zoo social en question est dans la partie supérieure de l'échelle, mais je ne crois pas que ce soit différent à l'autre bout. Disons au pied des barres de HLM.

Je remarque aussi que beaucoup de femmes n'ont aucune difficulté à revendiquer l'égalité d'une part et continuer d'autre part à valoriser ce modèle de "virilité" chez leur compagnon ou leurs amis. Pas mal d'entre elles vont jusqu'à se l'approprier pour elles-mêmes, mettant en scène leur combativité comme preuve de leur émancipation. Pour pas mal d'hommes, c'est la remise en cause de la sécurité d'appartenir au "sexe dominant" et du sentiment même de leur virilité. De mon côté de l'échelle sociale ça se traduit par la dépression et l'alcool en cas de licenciement, de l'autre par les tournantes dans les caves et les bagnoles qui brûlent à chaque occasion.

Tout ça pour arriver à une simple remarque. Dans cette histoire, et d'un point de vue de société (médias, politiques...) les femmes ont raison et les hommes ont tort. Il y a quantité de recours et de support moral et matériel disponible pour les femmes victimes de la domination masculine ou de sexisme. Les hommes, eux se débrouillent seuls, comme on leur a toujours dit de le faire.

 
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