Autoritaire et cassante. C'est la principale raison évoquée pour expliquer l'hémorragie de collaborateurs directs du ministre de la justice. Il se trouve que dans l'entreprise qui m'emploie le "profil managérial" de femmes plutôt "autoritaires et cassantes" semble être à la mode, et il y a là un parallélisme de situations qui m'intrigue. Comment expliquer que les hommes qui décident d'ouvrir aux femmes l'accès aux hautes responsabilités qui leur étaient réservées choisissent les plus agressives d'entre elles pour en bénéficier ? C'était certainement naïf de ma part, mais j'avais plutôt imaginé que les volontés paritaires avaient pour objectif, outre la justice sociale, le rééquilibrage des points de vue et des critères de décisions dans le sens d'une féminitude propre à mettre un peu de douceur dans un monde de brutes. Et bien non : la parité vue par ceux qui nous gouvernent c'est Terminator au féminin. C'est sans  aucun doute que l'essentiel pour eux n'est pas l'harmonie sociale mais au contraire la sauvegarde des logiques dominants-dominés, décideurs-exécuteurs, qui garantissent le bon fonctionnement de nos sociétés. Et au-delà, que la pression accrue sur la course au pouvoir par concurrence exacerbée entre les sexes profite mieux aux organisations hiérarchiques que l'enrichissement mutuel par l'intégration des différences. C'est une fois de plus la démonstration de la capacité d'adaptation infinie du capitalisme qui récupère le féminisme comme il récupère toutes les évolutions sociales. En tout cas, l'égalité avance à grands pas, et je n'ai personnellement aucun doute sur le fait que ces femmes-là sont des hommes comme les autres.

 
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