Ce week-end, dans un charmant hameau de la Drôme des montagnes, j'ai retrouvé quelques proches dont une brillante collaboratrice d'une grande entreprise de cosmétiques. Prenant des nouvelles de sa situation  professionnelle, j'appris qu'elle prenait en charge la création d'un établissement de Spa à proximité d'un village perché médiéval situé à quelques kilomètres de là. Je dois avouer à ce stade mon incapacité à envisager un contenu plus concret à cette information sans l'aide de personnes compétentes. Un Spa dans un haut village Drômois... mais pour qui ? Comment faire venir jusqu'à ce hameau accroché au sud du Vercors une clientèle que j'imaginais plus disposée à associer aux bienfaits de la balnéothérapie les plaisirs propres à son rang : parcours de golf et soirée au casino ? C'est que je n'avais rien compris à l'évolution des socio-styles et aux nouvelles tendances de consommation liées à la recherche du bien-être, du temps pour soi et de l'authenticité, dans notre société stressée et coupée de ses racines. Ayant pour objectif fondamental de ne pas mourir idiot, j'ai entrepris une petite recherche internet sur le thème du Spa, et j'ai trouvé sur le site des Sources de Caudalie un exemple merveilleusement illustré de cette atmosphère propre à transformer en un week-end un cadre supérieur au teint bilieux,  asphixié de stress et de toxines accumulés, en gaillard pétant de santé et de certitudes ancrées dans les vérités du terroir. A cette simple évocation copiée sur le site des Sources de Caudalie, on se sent déjà revenir dans ce monde de valeurs intangibles que jamais nous n'aurions du quitter : "L'île aux Oiseaux (grande suite) est une superbe cabane tchanquée, réservée aux amoureux de la nature et de l'eau, avec ses bois flottés, son ponton sur pilotis..."  Vous remarquerez au passage la majuscule qui ennoblit les Oiseaux, leur conférant instantanément une qualité de naturel préservé propre à ravir Nicolas Hulot, ainsi que l'usage de l'appellation traditionnelle "cabane tchanquée", indiquant clairement que votre séjour vous ouvrira les portes d'une culture ancestrale. Je crois que je vais m'en tenir là, et vous renvoyer à l'excellent reportage du dernier numéro de Philosophie Magazine : "Disneyland, notre monde réel" : consumérisme, infantilisation et artificialité.


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