A vélo comme en écriture, la régularité de la pratique améliore sensiblement l'aisance et augmente d'autant la satisfaction. Aussi le cycliste ou le blogueur trop occasionnels progressent-ils avec difficulté, et sont contraints à des pauses fréquentes qui cassent le rythme et gâtent le plaisir. C'est que la crampe musculaire ou cérébrale, qui paralyse dans l'effort, est redoutable bien au-delà de l'inconfort passager qu'elle procure. En brisant le bel élan de l'amateur, elle compromet tout le bonheur du parcours, bonheur qui se construit dans le temps, par le défilement régulier des lignes continues ou non. Le vélo comme le blog s'accommodent mal des velléités sans engagement, et l'on voit un nombre considérable de départs enthousiastes suivis d'un effondrement rapide et spectaculaire. On ne peut que sourire avec indulgence à la devise de notre président tartarin : "Partir à fond et accélérer ensuite", et inviter plutôt le novice à mouliner en douceur et le plus souvent possible, pour découvrir que le sentiment d'effort s'estompe progressivement au profit du plaisir contemplatif. Dans le milieu cycliste, il existe une expression qui illustre parfaitement cette pratique quotidienne et raisonnée. On dit  : "rouler en facteur", et c'est une évocation adéquate et poétique de la joyeuse routine du blogueur de fond, aussi respectable à mes yeux que les efforts de celui qui tente d'atteindre les sommets sans entraînement suffisant.

J'espère par ces quelques lignes inciter une cycliste blogueuse
de ma connaissance à un peu plus de régularité dans sa production Imaginative et talentueuse, mais hélas inconstante !

 

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