"Une superbe machine à fabriquer du rêve". C'est la conclusion de l'essai du dernier Porsche Cayenne Turbo, paru sous la rubrique "Les choses de la vie" du Nouvel Observateur. Pour cet essai, ils sont allés se promener dans l'Atlas, et se sont émerveillés du confort procuré par leur gros jouet pour trader qui vient de toucher son bonus. A 100,000 euros, c'est donné. "Non pour frimer. Juste pour partir", c'est le journaliste Olivier Péretié qui l'écrit. D'ailleurs il a pensé à glisser dans son article quelques clichés qui prouvent que le voyage l'intéresse plus que la frime : l'oasis au soleil couchant, le thé à la menthe et les pâtisseries au miel. Tout ça sans le moindre inconfort : ni secousse, ni chaleur, ni poussière. "Un vrai bonheur", comme il le raconte : "Avec le soleil dans les yeux et notre pullman surpuissant, nous n'avons rien vu, rien senti". Surpuissant ? Oui, 500 ch. Il faut bien ça pour propulser les 2,5 tonnes de son pullman à 275 km/h. Combien dites-vous... 275 km/h... mais pourquoi faire ? Allons, puisqu'on vous dit que c'est une machine à rêve : on s'en fout que ça ne serve à rien, que ça coûte 10 ans de smic et que ça crache plus de CO2 que 4 voitures ordinaires. Pourtant, M. Péretié a conscience d'un léger malaise et reconnaît que ce n'est "Pas vraiment fait pour une émission d'Arthus-Bertrand". En homme de média il raisonne la pertinence écologique de son 4x4 de m'as-tu-vu en fonction des émissions de télévision. A part ça aucun problème, et on comprend bien qu'il n'a pas encore fait le lien entre le bonheur de découvrir la planète et la simple responsabilité environnementale, et qu'il n'est pas plus dérangé par le fait d'aller jouir chez les marocains du luxe d'un véhicule qui coûte un siècle de salaire local. Peut-être que le Nouvel Obs devrait lui suggérer de lire son numéro spécial "changement climatique". Peut-être aussi que les gouvernements pourraient prendre quelques mesures symboliques pour interdire la fabrication de ces luxueux gouffres à carburants qui ne servent qu'à affirmer que l'on est du meilleur côté de l'humanité, celle qui peut satisfaire ses caprices au mépris des crève-la-faim et de la planète elle-même.

 
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