Diverses informations concernant le livre électronique ont paru récemment dans la presse. Nous avons appris le lancement par Les Echos d'une offre d'abonnement avec lecteur numérique (ou e-Reader), et l'annonce de nouveaux appareils de ce type par Philips, HP et Fujitsu. Par ailleurs, Google, Amazon, Barnes & Nobles (première chaîne de librairie des Etats-Unis) ont décidé d'investir massivement dans le développement de leurs offres de lecture numérique. Quand aux contenus non commerciaux, le "Million Books Project" américain numérise des centaines de milliers d'ouvrages du domaine public tandis que la Bibliothèque Nationale de France rend déjà accessible plus de 100 000 ouvrages via le projet Gallica. Mais pourquoi cette effervescence soudaine autour du livre électronique, concept des années 90 qui a connu une longue série d'échecs commerciaux ? En 99, Dick Brass, vice-président du développement technologique chez Microsoft déclarait "D'ici à 10 ans, la moitié des livres seront numériques..." ! Pourtant, à deux ans de cette échéance le livre électronique n'a pas quitté le domaine de l'exploration prospective. Il faut reconnaître que face à l'agrément d'usage du livre papier (et au lien affectif qui le relie au lecteur), le e-reader de première génération n'avait pas grand chose à offrir. Mauvaise qualité d'affichage, encombrement et poids excessifs, autonomie et capacité de stockage limités faisaient des "Cytale" et autre "Rocket eBook" des curiosités de Géo Trouvetou. Mais parfois la technique fait un bond en avant qui change tout. Le son numérique en est un bel exemple et la nouvelle technologie du papier électronique pourrait en devenir un autre. Imaginez un écran de quelques millimètres d'épaisseur avec l'aspect d'une feuille de papier blanc. Imaginez qu'une page s'affiche sur cet écran en moins d'une seconde avec une qualité comparable à une impression traditionnelle, et reste visible sans apport de courant électrique jusqu'au chargement d'une nouvelle page. C'est ce que propose maintenant la société E-Ink. Les progrès de l'informatique et la miniaturisation électronique faisant le reste, on obtient un livre de taille et de poids inférieurs à un livre de poche (batterie incluse), fonctionnant pendant des semaines d'usage quotidien sans recharge, et capable d'afficher des centaines d'ouvrages numériques stockés sur une carte SD identique à celles d'un appareil photo. C'est déjà commercialisé, et demain les étudiants pourront disposer d'un unique classeur numérique contenant tous les ouvrages et documents utiles à leurs études (avec téléchargement des cours), ainsi que leurs guides pratiques, romans, BD ou albums de photos personnels. Voilà une invention qui mérite bien mieux à mon goût l'appellation de "machine à rêve" que le 4x4 de M. Péretié que j'évoquais dernièrement !

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