Aujourd'hui j'avais rendez-vous pour déjeuner en ville et j'ai pris pour m'y rendre le bus qui me ramène chaque soir du bureau. Etant un peu en avance, je suis descendu un arrêt plus tôt pour profiter de la douceur inattendue d'une journée commencée sous la bruine. Je remontais donc à pied l’avenue qui passe devant la mairie, content que le large trottoir soit séparé des quatre voies de trafic intensif par un terre-plein planté de rampants et de buissons bas. C'est en approchant de l'enceinte du Jardin des Plantes que mon regard a été attiré par une forme rousse en mouvement sur le sommet du mur. Un écureuil de belle taille qui descend soudain le long d'un pilier, traverse le trottoir deux mètres devant moi sans me regarder, et se glisse sous la végétation pour ressortir au bord de la chaussée où les voitures et les autobus sont arrêtés par un feu rouge. Coup d'œil à droite et à gauche (visiblement il n'avait pas intégré toutes les subtilités du code de la route), et le voilà qui s'élance pour traverser au moment où le trafic redémarre. Les écureuils ne sont pas des poules, et il ne lui a pas fallu plus d'une fraction de seconde pour faire volte-face et remonter en sécurité au bord des plates-bandes. J'étais fasciné par sa vivacité et son aisance dans cette situation mais je ne m'attendais certainement pas à le voir s'asseoir à cinquante centimètres des voitures dévalant l'avenue, pour surveiller la circulation avec le flegme et l'attention d'un agent de police parisien. C'est seulement après une demi-minute d'observation qu'il renonça à son projet pour prendre le chemin du retour et disparaître sous la grille du jardin botanique. Je ne saurai pas vous expliquer pourquoi cette petite scène m'a plongé dans un état d'euphorie profond, mais l'amie retrouvée au restaurant a du se demander si je n'avais pas pris l'apéritif en route !

 
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